Digit RE qui compte 3.500 mandataires vient d’être vendu par Artemis à LFPI, Citya a pris 90 % du réseau de mandataires Le Bon Agent. Ce segment des mandataires prend des parts de marché dans les transactions immobilières.

La nouvelle est tombée fin décembre, Digit RE, leader des réseaux de conseillers en immobilier indépendants avec les marques Capifrance, OptimHome, Refleximmo et Immobilier Neuf (plus de 3.700 mandataires), a été vendu par Artemis à la société de gestion d’actifs LFPI, le holding de Pinault restant minoritaire au capital. L’ensemble représente un chiffre d’affaires de 159 millions d’euros réalisé avec des agents dont c’est le métier principal.

Plus modeste, début janvier, le groupe immobilier Citya s’est offert 90 % du réseau de mandataires indépendants Le Bon Agent. Le fondateur de ce réseau, Claude-Olivier Bonnet, conserve la direction générale de la nouvelle marque Citya Le Bon Agent, dont le siège est transféré de Paris à Tours, avec une dizaine de salariés. Ancien de Foncia, Claude-Olivier Bonnet a constitué depuis 2010 une société qui comprend environ 200 mandataires dans toute la France, y compris outre-mer. Citya envisage d’en agréger 500 à court terme.

Carte professionnelle

L’immobilier étant un secteur très encadré, un mandataire est un professionnel agissant sous le contrôle d’un agent immobilier qui, lui, dispose de la carte professionnelle. Ils sont chargés de négocier et éventuellement conclure les ventes, mais travaillent en indépendant et n’ont pas de lien de subordination avec l’agent immobilier. Comme IAD, le leader et pionnier depuis 2008, Safti son challenger, qui vient d’accueillir Qualium à son capital (voir ci dessous), Le Bon Agent accompagne ses indépendants qui s’installent comme agent commercial en immobilier, le plus souvent en télétravail.À LIRE AUSSI

Dans l’Hexagone, on estime que 25.000 entrepreneurs individuels ont pris le statut de mandataire et réalisent autour de 100.000 ventes par an, en mordant petit à petit sur les ventes en agence, mais aussi sur les ventes de particulier à particulier, qui représentent encore un tiers des transactions.

Pourquoi un acteur « classique » comme Citya, qui compte 3.500 salariés et 170 agences spécialisées dans l’administration de biens, le syndic de copropriété et la gérance locative, la location et les transactions, s’aventure-t-il dans ce secteur ? « Nous allons élargir leur réservoir de biens à vendre tout en conservant la force d’un groupe national, avec plus de communication dans les médias, des ventes additionnelles pour nos mandataires sur la gérance et nos autres produits », liste Philippe Briand, PDG du holding Arche, propriétaire de Citya Immobilier qui croit à un modèle mixte associant Internet et réseau physique. Si l’on ajoute les agences Laforêt, le groupe revendique 43.000 ventes en 2018, soit 12 % de part de marché dit « intermédié », c’est-à-dire via une agence, soit 10 fois plus qu’en 2016.

Développement de la « proptech »

Ce jeune marché répond à « la vague de fond de particuliers qui rêvent d’entrepreneuriat », considère de son côté Roland Tripard, président d’IAD. Les fonds d’investissement lorgnent ce segment encore atomisé. « La profession d’agent immobilier n’a pas évolué depuis trente ans, avec des réseaux nationaux et des agences de quartier. Or, la population croît, les Français ont la culture de la propriété, et la demande de logements ne se tarit pas », analyse Laurent Sallé, directeur du fonds Naxicap, qui est entré dès 2012 au capital d’IAD. « Les réseaux de mandataires connaissent une croissance significative. Ils offrent une rémunération supérieure et plus d’autonomie, et surtout des outils pour travailler en réseau », explique Olivier Lange, directeur général de LFPI, qui vient de reprendre Digit RE.

Ces mouvements de capitaux sur le segment des mandataires interviennent dans un mouvement plus large de développement de ce que les spécialistes ont appelé « prop tech ». En France, un  mouvement fédérant ces acteurs s’est déjà créé alors que la Grande-Bretagne a vu arriver le « bébé » d’easyJet, Esayproperty, et la montée en puissance de sites comme PurpleBriks ou Emoov, qui proposent un forfait pour estimer un bien, le mettre sur les portails, et être aidé par téléphone pour la transaction.

Source – Les Echos